Cigarette électronique : pourquoi la France n’en fait qu’à sa tête ?

Cigarette électronique : pourquoi la France n’en fait qu’à sa tête ?

Le rapport du Public Health England (ministre de la santé) a provoqué un véritable cataclysme à travers le monde il y a maintenant quelques jours. Il faut dire que depuis quelques années, nous étions plus habitués aux articles dramatiques et, il faut le reconnaître, bien souvent absurdes, sur la e-cigarette. Pourtant, depuis tout ce temps, la communauté scientifique indépendante s’accordait à dire que ce substitut nicotinique était beaucoup moins toxique que la cigarette traditionnelle.

Retour sur le rapport du Public Health England

Faisons une synthèse rapide sur le contenu du document. Les experts indépendants du Public Health England font une critique particulièrement virulente des études auxquelles les vapoteurs et le secteur de la cigarette électronique ont dû faire face ces dernières années. Le PHE explique que les instigateurs de ces expérimentations douteuses ont à chaque reprise diffusé volontairement le protocole scientifique quelques semaines après le communiqué de presse. Une fois que la méthodologie de chaque étude paraissait, elle était rapidement remise en question par les scientifiques et la polémique se dégonflait. Lancer le brulot en amont laisser le temps aux médias de se passer l’info et de faire monter la tension. En tout état de cause, le Public Health England précise que tous les conclusions de ces études « ne peuvent être reproduits dans les conditions d’utilisation normale des produits. » De toute évidence, les méthodes d’expérimentations étaient abusives et choisies à dessein. Le PHE considère dans son rapport que les dispositifs de e cigarettes sont 95% moins dangereuse que la cigarette traditionnelle et qu’aucune preuve scientifique à ce jour ne permet de corroborer l’existence d’un vapotage passif et d’un transfert de la e-cigarette vers la cigarette à combustion. Enfin, l’institut déplore que la cigarette électronique fasse l’objet d’autant d’attaques injustifiées car cela entraîne une désaffection grandissante dans l’opinion publique.

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Les sévères restrictions en France

Pour finir, faisons un petit rappel des mesures politiques françaises liée à l’application de la Directive européenne sur les produits du tabac. Depuis le vote de la loi santé, la cigarette électronique est interdite dans la plupart des lieux public et dans les espaces professionnels couverts et fermés. D’autre part, l’interdiction de la publicité directe mais aussi indirecte à partir de mai 2016, a un arrière goût de censure et va mener la vie dure aux blogs spécialisés, aux forums de cigarettes électroniques, aux boutiques et aux utilisateurs en général. Là encore en 2016, les réservoirs de clearomiseurs seront limités à 2 ml et les flacons de e-liquide à 10 ml, ce qui ne va pas rendre les choses faciles aux vapoteurs. La plupart des plus grandes marques d’e-cigarettes, par exemple la firme Eleaf,  proposent déjà des modèles qui soient conformes à ces nouvelles réglementations. Pourquoi une telle intransigeance à l’égard d’un outil qui pourrait réduire à néant le tabagisme dans le monde ? Parce que les politiques français ont l’intention d’attribuer aux bureaux de tabac la vente exclusive des cigarettes électronique et de mettre en place une taxe similaire à celle de la cigarette traditionnelle. C’est la mission de Michèle Delaunay qui est députée et rapporteuse du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Et toutes ces mesures de précaution justifient une telle volonté politique. Il reste tout de même un problème : le vent tourne et ces arguments sont totalement incohérentes au vue des conclusions du Public Health England. Est-ce que l’Etat français pourra encore défendre l’indéfendable très longtemps ?

La lutte contre le tabagisme

Le Public Health England affirme que la cigarette électronique est un outil de sevrage efficace et les statistiques ne le contredisent pas. En 2014, 400 000 français ont arrêté le tabac en utilisant la cigarette électronique. A l’échelle de l’Europe, c’est 6 millions de personnes qui ont cessé leur tabagisme au moyen de la e-cigarette, soit 14% des fumeurs européens ; ce qui représente la moitié des fumeurs français ! C’est à ce jour, le moyen le plus probant pour lutter contre sa dépendance au tabac car les autres substituts nicotiniques ne fonctionne pas, y compris le patch à la nicotine qui ne restitue aucune saveur, aucune fumée et aucun hit. Et malgré ces beaux chiffres, le gouvernement s’entête. Marisol Touraine, la monomaniaque du paquet neutre, fait une fixation sur cet arme dont l’intérêt reste encore à prouver. Elle continue à jeter le trouble sur la cigarette électronique en laissant à penser qu’elle inciterait les jeunes à fumer et qu’elle banaliserait l’acte de fumer. Résultat, après six années de baisse continue en partie grâce à la cigarette électronique, le tabagisme est reparti à la hausse en 2014 (6%). Il semble que les politiques ne prennent pas le bon chemin… Les pouvoirs publics français refusent d’augmenter encore davantage les taxes sur le tabac. Pourtant, on sait aujourd’hui que ce facteur a un impact sur la consommation de cigarettes et pourrait encourager un repli sur la vape, d’autant plus que le prix de la cigarette électronique est encore modique. Dans tous les cas, les effets d’une telle revalorisation serait plus probant que les répercussions du paquet neutre ! Sans doute que les politiques français ont peur que cette mesure mettrait à mal les milliards de recettes fiscales qu proviennent du tabagisme.

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